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Rencontres

avec le créateur de Drapeau Noir

Avocat de formation, Nicolas Barbier décide un jour de tout plaquer pour créer sa marque, Drapeau Noir. Son vestiaire minimaliste ne fait aucune concession sur les coupes et les matières. Rencontre avec un homme qui place la qualité de ses vêtements et les relations humaines au cœur de ses priorités.

Avant de lancer Drapeau Noir, vous étiez avocat. Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a donner envie de vous lancer dans cette nouvelle aventure ?

J’étais effectivement avocat dans un cabinet parisien de droit des affaires dans lequel j’ai exercé pendant 7 ans. J’aimais beaucoup ce que je faisais mais je crois que j’étais arrivé au bout d’un cycle. J’avais envie d’autre chose, de quelque chose de plus créatif. J’avais depuis longtemps une attirance particulière pour le monde de la mode, tant pour le vêtement en lui-même que pour l’aspect plus technique relatif au savoir-faire. En tant que client également, j’étais très attentif à ce que j’achetais et à un moment, je ne me retrouvais plus vraiment dans l’offre existante. Drapeau noir a démarré dans ce contexte en septembre 2013 avec une idée : proposer un vestiaire de pièces simples et de qualité.

Vous qui avez un œil relativement neuf sur le monde de la mode, parlez-nous de vos impressions sur ce milieu ?

Tout cela est assez nouveau mais depuis le démarrage il y a maintenant 18 mois j’ai fait de très belles rencontres. J’ai trouvé de nombreux appuis et oreilles attentives, des gens passionnés, que ce soit chez mes façonniers, mes fournisseurs de tissus ou parmi les magasins avec lesquels je travaille. Tous ces gens sont devenus de véritables partenaires. Cela faisait aussi partie du projet de départ, inscrire les choses dans la durée et mettre en avant la relation humaine. Par ailleurs, je constate aussi que nous sommes de plus en plus nombreux à nous lancer dans l’aventure et je trouve ça très stimulant. Il y a beaucoup d’énergie parmi les jeunes créateurs français et les personnes qui vont au bout de leurs envies. Dans le contexte actuel, je trouve ça très positif.

Pourquoi avoir choisi ce nom qui, si je ne me trompe pas, fait référence aux anarchistes ?

C’est effectivement une référence au Drapeau Noir des anarchistes, mais il ne s’agit que d’une référence lointaine. La symbolique me paraissait intéressante, je ne fais pas de politique ! L’idée était de mettre en avant l’individu et d’insister sur l’importance d’être soi-même à une époque où les différences et les spécificités tendent à disparaître. Ce qui m’intéresse, c’est la capacité de chacun à écrire sa propre histoire et à s’affranchir de ce qui est imposé ou des limites que bien souvent, nous nous imposons nous- même.

C’est aussi lié aux personnalités qui m’inspirent et aux influences qui sous-tendent la marque : un état d’esprit très français et plus particulièrement parisien, mais également le courant de la contre-culture US des 70’s.

La première utilisation du Drapeau Noir remonte à 1831 et la révolte des canuts alors ouvriers de la soie à lyon. Existe- t-il un rapport ?

Aucun ! Mais effectivement, cela aurait pu. Un drapeau noir en soie me paraît être un accessoire très chic et on ne peut pas faire plus minimaliste...

Quel est le processus de création d’une nouvelle collection ?

La garde robe que je propose est assez simple, un vestiaire de basiques pour homme. Ma vision du chic parisien passe par un minimalisme délibéré et qui implique de ne faire aucune concession sur les coupes et sur les matières. J’ai en tête les silhouettes que j’ai envie de voir et j’arrive assez vite à isoler les pièces que je dois créer pour y parvenir. Je m’inspire principalement de ce que j’ai envie de porter, c’est d’ailleurs le test ultime avant de proposer la pièce aux acheteurs. Si finalement je me dis que je ne la porterai pas, elle sort de la collection.

Est-ce que vous pensez d’abord aux matériaux que vous voulez utiliser, ou est ce que vous commencez par le design et ensuite vous adaptez des matières ?

C’est une combinaison des deux, mais il y a tellement de belles matières que si vous ne savez pas ce que vous cherchez, cela peut durer très longtemps...

Vous sélectionnez principalement les matières au Japon, quelle en est la raison ?

Je me sens très proche de mes fournisseurs Japonais, notamment de leur exigence et de leur sens du détail et j’apprends beaucoup à leurs cotés. Ce sont également des gens qui, bien qu’étant extrêmement sollicités par de très grandes maisons, m’ont consacré beaucoup de leur temps alors que ma première collection n’était même pas encore sortie... Je pense notamment à Hiroko de chez Toki Sen I, cette incroyable maison japonaise chez qui nous achetons le molleton utilisé pour nos sweats, et je profite de l’occasion pour la remercier à nouveau. Pour autant, l’idée est d’aller chercher les savoir-faire partout où ils sont et après beaucoup de recherches et de rendez-vous, je travaille désormais également avec des fournisseurs italiens, anglais et portugais. Ce qui me paraît très intéressant, c’est que je retrouve chez eux une culture commune de l’exigence, une passion pour les belles choses et les choses bien faites, et le refus de céder à la facilité.

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