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ENTRETIEN : Entretien avec Corinne Jaugeard, créatrice de Nationale 145
PostĂ© le mercredi 08 juin à 00h31
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J'ai découvert la marque Nationale 145 au détour d'un magazine. Nationale 145 a tous les ingrédients pour réussir: un style vintage aux accents 70's, de belles matières, une façon made in France et des prix raisonnables. J'ai rencontré sa créatrice Corinne Jaugeard pour qu'elle nous en dise plus pour sur cette jeune marque qui monte.
Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?
J’ai presque 20 ans d’expérience dans la production de prêt-à -porter pour des maisons de luxe : chez Chanel pendant 6 ans, ensuite chez Galliano puis enfin chez Dior. Après toutes ces expériences, je me suis dit, bon j’ai passé 40 ans, j’ai toujours aimé le risque et l’aventure, pourquoi ne pas créer ma propre marque. J’ai toujours été créative, même si je n’ai pas fait d’école de style. Donc, je me suis lancé avec Nationale 145…
D’où t’es venu ce nom ?
La Nationale 145, c’était la route des vacances que je prenais avec mon papa dans la Creuse. C’était ce qu’on attendait chaque été avec impatience. On mettait toutes les affaires dans le coffre de la DS et on roulait vers la plage, avec mon père qui fumait des Gauloises et le rock dans l’autoradio. Pour moi, c’est un nom synonyme de mon adolescence, de liberté. Je voulais retrouver ce côté léger, un peu ludique dans la marque.
Quelle est la cliente Nationale 145 ?
Nationale 145, c’est un côté rock, très 60’s, très british, très créateur. C’est la parisienne entre 25 et 50 ans, un peu branché mais pas trop, qui ne s’habille pas comme tout le monde, qui n’a plus envie de s’habiller chez Maje, Sandro ou APC.
Mais je ne vais pas rester toujours dans ce côté 60’s. Mon dernier lookbook a été shooté chez moi, il y a ce côté un peu rétro avec du mobilier d’époque. Mais la marque va évoluer entre les années 50 et aujourd’hui. Pour ma prochaine collection, je passe déjà à autre chose, je suis moins emprunt de nostalgie.
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Tu as fait aussi quelques pièces hommes ?
Oui, en collaboration avec un artiste. Je me concentre sur la femme mais mon projet est d’évoluer l’univers vers l’homme. L’homme ce sont des fabricants différents, un autre réseau, un autre marché. Quand la femme démarrera, je développerai l’homme.
Comment ton expérience précédente t’a aidé dans ton projet ?
Je connais beaucoup de bons fabricants français, dont certains avec qui je travaillais depuis chez Chanel. C’est important pour avoir un gage de qualité. Ils m’ont fait confiance dès ma première collection. Les distributeurs n’osent pas prendre des risques avec des jeunes créateurs. Ils n’ont pas confiance dans la qualité, les livraisons. Si tu arrives avec les bons fabricants, c’est déjà un plus.
A l’origine, tu étais plus sur la production que la création, comment travailles tu tes collections ?
Je travaille comme j’ai vu les stylistes travailler chez Chanel et Dior. Je travaillais directement avec le Studio. Je voyais toutes les collections se construire. Les recherches de matières, les prototypages, je connais, ce sont des choses que j’ai appris. Le côté créatif je l’ai toujours eu en moi.
Quel est le plus dur quand on se lance en jeune créateur ?
C’est l’argent… Quand tu commences, tu dois tout payer tout de suite et tu payes tout très cher parce que tu fais des petites quantités : les matières, la production. Tout ce que tu vends, tu le réinvestis pour développer la collection suivante. Cela peut durer des années. Il faut avoir une banque qui ait confiance et qui te suive.
Comment se passe le buzz autour de la marque ?
J’ai fait 2 collections très fortes, notamment cet hiver. Je suis rentré dans le bureau de presse Quartier General. La marque apporte un truc différent de ce qu’on voit actuellement. Le buzz va bientôt démarrer !
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Où es tu distribuée ?
Les acheteurs sont encore frileux. Ils aiment bien mon parcours, le côté grande maison qu’ils retrouvent sur le produit, mais avec la crise, ils ne prennent pas de nouveaux noms. Tu me trouveras chez Conform to Deform rue française et Auto Reverse qui est à Nimes. Je pense vraiment à la vente en ligne, j’y crois de plus en plus.
Tu parles de rock, peux tu me dire quel est ton artiste préféré dans les 60’s et aujourd’hui ?
Mon idole n’est en fait pas vraiment 60’s, mais plus 80’s. C’est David Bowie que j’ai découvert à 14 ans avec le film Moi Christianne F. Je suis devenu accro à David Bowie. Aujourd’hui, j’aime bien The Strokes, mais surtout leur premier album, j’ai été déçu par le dernier.
Mon univers musical reste très attaché aux années 80. J’aime la Coldwave et postpunk avec des groupes comme StinkyToys, Bush Tetras, The Sound, Elie et Jacno… En même temps, j’écris et je chante. Je viens de signer avec un label, label UNOWY on est en train de préparer un premier album sous le nom de Mademoiselle Lwiphine. Je fais ça avec des jeunes ,passionnés par la musique electronique, je leur ai fait écouter un premier morceau qu’ils ont adoré.
Donc la revendication rock, ce n’est pas que sur les vêtements
Oui, je fréquente peu de monde qui travaille dans la mode, mais plus des gens de la musique. Dans mes vêtements, il y a toujours une petite touche un peu rock parce que c’est comme ça que je m’habille. Cette année, j’ai créé 2 pièces pour Danton Eeprom qui est un artiste et dj londonien. Maintenant, on est sur un projet pour septembre octobre avec un label français parisien. Chaque saison, j’organise une collaboration avec un artiste.
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Plus d'informations: nationale145.com
Pour écouter la musique de Mlle Lwiphine, c'est ici.
ENTRETIEN : La braderie Hope and Love for Japan
PostĂ© le jeudi 28 avril à 20h32
Je vous avais parlé déjà d'une première initiative organisée par Liza Korn pour le Japon il ya quelques semaines. Ce week-end, l'association Hope and Love for Japan organise une braderie géante dans le 10e dont les bénéfices seront reversés pour la reconstruction du Japon. J'ai rencontré Noriko Ishizaka, fondatrice de l'association, pour qu'elle nous en dise plus...

On a vraiment fait cela par nos connaissances. Par mon métier, j'organise des défilés et je fais de la production photo pour des marques ou des magazines japonais. J'ai à la fois des contacts au Japon et je travaille aussi avec pas mal de gens ici. On ne se rend pas compte mais le milieu de la mode à Paris compte beaucoup de japonais: parmi mes amies, Kanako Koga fait le stylisme chez Martin Margiela, Minako Norimatsu travaille pour plusieurs magazines, Yoshiko Tangue est styliste photo... Je leur ai parlé de l'idée et nous nous sommes aidés pour faire appel à toutes ces marques. Dès le départ, je voulais que ce soit un événement très professionnel.
Comment cela marche avec les marques, ils vous ont prêté les produits ?
Tous les produits sont des dons à titre gratuit. Si jamais il y a des marchandises qui restent, soit on les redonne aux marques, soit on les donne à Emmaus. Mais il est probable aussi qu'on les envoie à Londres. Une de mes amies qui travaille pour Black comme styliste, est soutenu par le British Fashion Council pour organiser un événement de ce type. J'ai fait appel à mes amis de Paris pour l'aider à trouver des contacts. Nous pourrions aussi lui donner le stock.
Comment reverses tu l'argent au Japon ?
Via l'association Hope and Love For Japan... Au début, j'ai voulu nous associer avec l'ambassade du Japon, mais les fonds doivent transiter par la Croix Rouge Japonaise. Ils vont mettre beaucoup de temps à redistribuer l'argent. Mais sur place, il y a beaucoup de gens qui ont besoin d'argent tout de suite. On avait vraiment envie d'avoir des retombées immédiates. Pour ça, il fallait une association et pas passer par l'ambassade. J'ai donc monté Hope & Love.
Pour l'organisation, je voulais que tout l'argent puisse être redistribué en éliminant tous les frais. Studio 0 nous a prêté leur lieu et nous avons trouvé des sponsors pour les impressions papier, les fournitures, les sacs et même le transport des produits. Coca Cola offre également des boissons pour la journée... Comme ça, on reverse vraiment 100% au Japon.
Quelle a été la réaction de la communauté japonaise en France lors du tremblement de terre ?
Très choquée... Quand tu es loin de ton pays, ce sentiment est encore plus fort. Ma famille et mes amis sont à Tokyo, ils n'ont pas été touchés directement. Nous, on regardait les images des informations: tout le temps des incendies, des zones dévastées, la centrale de Fukushima alors que les gens à Tokyo voient la vie quotidienne repartir, ils étaient moins choqués que nous.
Dans l'industrie de la mode, tout le monde a été étonné par la vitesse avec laquelle le marché japonais a rebondi. Un mois après le tremblement de terre, la situation était redevenue quasiment normale alors que tout le monde craignait une forte dépression...
Oui, c'est étonnant mais en même temps, à Tokyo, c'est normal. Les villes principales n'ont pas été touchées. On va peut être sentir plus tard l'effet économique. Les créateurs japonais avec lesquels je travaille ont beaucoup de problèmes pour présenter leur collection homme en juin: ils ne trouvent pas les bonnes matières, ils ont du mal à rétablir la logistique. Et cela va rester dans les esprits pendant longtemps. La situation a l'air normale de l'extérieur, mais tout le monde connait quelqu'un qui a été touché par ces événements...
Dans tous les cas, l'élan de solidarité japonais est impressionnant...
Oui, c'est vrai et pas que à l'étranger... J'ai des amis qui travaillent à Tokyo et qui partent le week-end avec de la nourriture pour 300-500 personnes et vont aider les gens sur place. Il y a beaucoup de gens qui font de l'humanitaire alors qu'à la base ce sont des gens comme vous et moi.
Est ce qu'il y aura d'autres projets après cette braderie ?
Oui, on va continuer à récolter des fonds. On organise bientôt un concert de charité et une expo de photographies et illustrations de mode.
Merci Noriko !

Hope and Love for Japan
Samedi 30 avril (11h00 - 20h00) et dimanche 1er mai 11h00 - 18h00
Studio Zéro
13 rue Robert Blache, Paris 10e
Plus d'info: hopeandlove.jimdo.com
ENTRETIEN : Entretien avec Yun Seong Bo, créateur de Baron Y
PostĂ© le mardi 05 avril à 20h14

Après avoir été assistant de Martine Sitbon puis directeur artistique de Loft Design By à l’origine de la modernisation du label parisien, Yun Seong Bo a lancé sa marque Baron Y dans une petite boutique rue de Poitou. Les fans de la marque s’y bousculent dans un minuscule écrin où se conjuguent mode femme, homme et accessoires dans un style dandy-rock. 2 ans plus tard, Yun Seong Bo déménage dans un espace à la hauteur de son talent, une très belle boutique rue Charlot où il présente également des produits de créateurs qu’il a lui-même sélectionné. Seong Bo nous en dit plus sur son label et sa nouvelle boutique.

Je suis passé par beaucoup de maison. D’abord chez Charles Jourdan où je m’occupais de l’homme. Je voulais apprendre le côté business et licence dans une grande maison de tradition. Ensuite chez Martine Sitbon pour le décalé, la créativité, le côté anglo-saxon. Elle est française mais elle a toujours eu une mode très rock anglais. Je suis ensuite devenu directeur artistique de Loft Design By, c’était un peu par hasard. Ils cherchaient un DA pour relooker leur marque. Il y avait un côté un peu global et un vrai challenge. J’ai injecté dans la marque une touche de rock, des collections plus amusantes, fun. J’ai relooké le flagship de la rue de Rennes. Après Loft, j’ai décidé de lancer ma marque. C’était en 2006.
Est-ce que cela a été utile d’avoir toutes ces expériences précédemment ?
Oui, cela m’a bien servi. Il est important de connaître les contraintes, les prix, les ventes, toute la partie business qu’on oublie en tant que créateur. C’était bénéfique.
Comment as-tu commencé ?
Au début, j’ai lancé avec une dizaine de modèles de mailles et de tshirts pour hommes. J’ai eu beaucoup de demandes de filles, donc j’ai ajouté ensuite une collection femme. Après, je voulais avoir une boutique à moi donc j’ai ouvert rue de Poitou où je suis resté 2 ans. J’ai pris confiance en moi vis-à -vis des clients et j’ai agrandi avec une nouvelle boutique rue Charlot. Tu trouveras Baron Y quasi exclusivement dans cette boutique. Le style est pointu et vu le prix, c’est difficile de vendre en multimarque. Tout est Made in France, avec de belles matières,
de la dentelle japonaise hyper chère, je me casse la tête sur la coupe, le tombant…

On est vraiment à la frontière du luxe…
Oui, il y a tout du luxe : les matières, les détails, la façon… Je parle de luxe intérieur. Je cherche des détails qu’on ne voit pas à l’extérieur, mais qui font la beauté du vêtement. Mais le prix reste celui d’un créateur.
Quel est le style Baron Y ?
Je déteste le côté fast-fashion où la mode devrait changer chaque année. Il y a un style Baron Y que je décline chaque année. Tu mélanges le côté anglo-saxon rock et le côté classe élégance du dandy français, avec une pointe de romantisme. Il y a aussi un côté mode d’intérieur, en anglais, je parle de Sunday best life.
Comment t’es venu le nom Baron Y ?
Je ne suis pas français, donc d’un point de vue étranger, je cherchais un nom d’aristocrate français pour le côté français et lux décalé subtile. J’ai pensé à Baron bien avant la boite du même nom. C’est venu par hasard. Et le Y pour Yun, mon nom de famille.
Et le slogan Born in Chouette Paris ?
Je voulais mettre en avant le Made in Paris, j’ai pensé à ce slogan avec Chouette dans le sens de cool.
Tu fabriques tout Ă Paris ?
Oui, je fais pratiquement tout Ă Paris dans mon propre atelier. En France, je fais aussi des accessoires comme des Panama.
Tu parles d’esprit rock, mais c’est un rock assez sophistiqué…
Oui, l’esprit rock pour moi est une attitude, une manière de penser, une manière d’être. Ce ne sont pas des clous, du cuir déchiré, ce n’est pas ça. Je déteste le côté cliché du rock, ce n’est pas rock à la manière de Balmain. Ce n’est surtout pas ce que j’ai envie de faire. C’est plus sur ta manière, ton attitude, ta façon d’être. Tu peux t’habiller basic en ayant un côté hyper rock.

Quels sont les créateurs qui t’inspirent ?
J’aime beaucoup Hedi Slimane pour son passage chez Dior mais aussi St Laurent, il est mon idole ! J’adore Ann Demeulemeester et puis le côté théâtral et le travail magnifique chez McQueen. J’adorais Martine Sitbon avant… Maintenant, c’est racheté par un groupe hongkongais et ce n’est plus pareil.
Comment travailles-tu tes collections ?
Je dessine d’abord l’homme que je décline ensuite sur la femme. Un manteau à la base homme sera décliné même esprit pour la femme, de même pour les cabans. Ma collection femme est assez masculine. J’adore un manteau très structuré et dandy, mais aussi une robe super féminine à tomber. C’est un mélange d’Hedi Slimane version femme et Kurtney Love. C’est hyper dentelle, hyper guêtre, hyper féminin. C’est mon idéal. Je mélange le côté Kurtney Love et Patti Smith. Cela n’a rien à voir tous les deux, mais j’aime les mélanger.
Quels sont justement tes icĂ´nes de rock ?
J’adore PJ Harvey, elle a un côté glam rock qui est tout ce que j’aime. Patti Smith aussi et les photos de son compagnon Mapplethorpe. J’avais vu une de ses expositions à Berlin et j’adore. En tant que créateur, on est nourri par l’art.
Tu as aussi collaboré sur une collection avec Roche Bobois…
J’essaye de toucher à tout, j’ai envi de m’exprimer. J’ai dessiné des coussins Baron Y en collaboration avec Roche Bobois. Ils sont en vente dans ma boutique et chez eux. Mais j’ai envie de lancer des sous vêtements pour homme pour montrer le côté lifestyle.
Tu vends aussi d’autres produits dans ta boutique ?
Oui des coups de cœur, souvent des amis comme Junko une japonaise chez qui je sélectionne ce qui colle à mon univers. En salon, j’ai découvert une artiste qui utilise des crins d’oiseau, un côté un peu taxidermiste. Je montre son travail dans mon espace. J’ai aussi les crèmes Detaille, la plus ancienne maison parisienne pour les bougies et les parfums. Je connais le patron qui est très militant. Il veut garder l’esprit de la maison française avec son histoire. Il me laisse de petites quantités pour la boutique.

Tu te vois oĂą dans 5 ou 10 ans ?
Prochaine étape, une 2e boutique à Paris ensuite Londres et ailleurs. Je veux me développer avec mes boutiques et avoir une 2e ligne moins chère avec tshirt, mailles, accessoires pour vendre en multimarques. J’ai commencé une petite collaboration avec la marque chinoise JNBY. Je connais le responsable de la distribution en Europe, on en a parlé. Tu les trouves dans ma boutique mais aussi à Pekin.
Tu aurais envie de faire défiler tes collections ?
J’ai envie de défiler mais il faut avoir les moyens… Un défilé c’est plus visible, c’est pour te montrer, mais avec cet argent, je préfère investir dans ma boutique. Quand on est autofinancé, on ne peut pas tout faire.
Il est difficile pour un créateur d’avoir des parutions presse…
Surtout sans attaché de presse. Moi, je suis de l’école de Martine Sitbon. Elle avait pour politique de ne pas parler à tout prix aux journalistes. On n’a pas beaucoup de moyen, mais on doit garder la tête haute et notre fierté. Je marche vraiment par le bouche à oreille, j’ai des parutions dans beaucoup de magazine parce qu’on reconnait mon travail, mais aussi sur les blogs, Caroline Daily vient souvent à la boutique.
Tu as des adresses Ă recommander sur Paris ?
Pour les chaussures, je vais toujours chez Pierre Hardy… mais sinon pour le shopping, le mieux c’est Berlin ou Londres.
Tu as été professeur à l’ESMOD, qu’est ce que tu penses de la formation de styliste en France ?
J’y ai été pendant 3 ans où je faisais stylisme homme et couture. Il faut savoir transmettre un savoir faire, c’est intéressant. Mais je n’étais pas très d’accord avec la pédagogie et la façon d’enseigner à l’ESMOD. Ils ne laissent pas assez de place à la créativité. ESMOD leur point fort, c’est le côté technique, le patronage. Pour être modéliste, il faut faire l’ESMOD, pour être créateur, on apprend en travaillant.
En France, tu n’as pas d’équivalent de la St Martins de Londres. L’IFM c’est le coté marketing. Studio Berçot, c’est créatif, mais il manque le côté technique. Il y avait un projet mené par Isabelle Khanh, j’espère qu’ils vont le faire.
Est-ce que tu recommanderais à des jeunes qui se lancent de passer d’abord par une maison ?
Tu prends des jeunes comme Devastee qui ont été mes élèves à l’ESMOD. Ils sont tellement créatifs, ce n’est pas possible pour eux de travailler ailleurs. Mais en général, c’est idéal de travailler pendant 2 ans pour une maison et de lancer sa marque après. Quand tu sors d’école, tu es encore tout jeune. Une maison aide à comprendre le milieu et à se structurer.
Merci Seong Bo !!
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Shop Baron Y
54-56 rue Charlot, Paris 3e
www.baron-y.com
ENTRETIEN : Entretien avec Claire Naa et Arnaud Soulignac, créateurs de Origami Jewellery
PostĂ© le lundi 14 fĂ©vrier à 08h57
Claire et Arnaud sont les créateurs des bijoux Origami, des bijoux assez incroyables représentant des animaux pliés à la façon des origamis japonais. Un trésor de minimalisme pour des créations ludiques et élégantes. Claire et Arnaud m'ont rencontré dans leur cuisine pour me parler d'une seule voix de l'aventure Origami.
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Est-ce que vous pouvez nous présenter Origami Jewellery ?
La marque a 2 ans et demi. Son concept repose sur la création de bijoux en forme d’origami, art du pliage japonais, en argent massif, vermeil (argent plaqué or) et argent canon de fusil. On compte une quinzaine de points de vente à Paris, une quinzaine en province et une trentaine à l’international, en Australie, au Japon, aux Etats-Unis et dans la plupart des capitales européennes.
Qu’est ce qui explique ce développement aussi rapide ?
Je dirai que c’est grâce aux salons qui nous ont vraiment parrainées. On a été assez vite. Tout le monde nous disait c’est incroyable vous avez déjà 15 points de vente alors que cela fait seulement 4 mois que vous existez. On propose un produit beau et original donc les acheteurs sont contents de pouvoir offrir un produit différent dans leurs boutiques.
Aussi, dès la première année, on a été présenté au Bon Marché pour la période de Noel ce qui nous a donné une bonne visibilité et nous a permis d’intégrer d’autres gros points de vente comme le Printemps Design à Pompidou, le Printemps Haussmann, les Galeries Lafayette et le Citadium.
Comment vous est venue l’idée des Origami ?
C’est un ami japonais rencontré à Londres qui nous a appris à faire nos premiers pliages. C’était une grue en papier. De là , on s’est dit pourquoi ne pas faire des boucles d’oreille, puis on s’est dit que c’était un peu éphémère de faire des bijoux en papier et on s’et dit pourquoi pas en métal. Et c’est comme ça qu’on a démarré.

Pas vraiment, j’étais dans la finance pendant 5 ans puis j'ai travaillé pour une agence de presse photo et Claire est journaliste. Mais on a toujours aimé la création, on avait fait ensemble des cours de peinture aux Beaux Arts de Paris. Au début, c’était plutôt un délire et c’en est devenu un métier.
Cela aide d’être journaliste pour avoir des parutions ?
Les plus belles parutions sont arrivées par hasard. Les gens viennent vers nous sans savoir que Claire est journaliste. Mais c’est sûr que des fois cela peut aider.
OĂą fabriquez vous vos bijoux ?
Les moules sont réalisés en France, les chaines en Italie et on fait fabriquer au Japon.
Pourquoi au Japon ?
Ce sont les seuls à pouvoir fabriquer nos bijoux ! On a fait appel à beaucoup de fabricants en France et en Europe et personne n’a pu arriver à ce résultat.
Tu as la contrainte de la pliure qui doit être nette et propre. C’est anguleux, super précis… Il faut une technique très particulière que peu de monde possède en France.
Et vous réussissez à rester accessible en terme de prix…
Oui, on est autour de 100€. Ce sont des origamis, cela reste ludique, donc il faut que le prix reste correct.

On la connait bien parce qu’on sort de 2 mois du Printemps Haussmann où on a passé beaucoup de temps sur le stand. Je trouve vraiment que c’est une cliente de 18 à 60 ans. On a des modèles qui plaisent à des femmes de différents âges. On a aussi des bracelets très faciles pour les jeunes et même des boutons de manchette pour les hommes.
Comment est ce que vous travaillez une nouvelle collection ?
On commence par faire les origamis en papier. Au début, on faisait les modèles nous même, maintenant avec la complexité, on fait appel à un maitre de l’origami. On lui explique ce qu’on voudrait avoir et on travaille ensemble sur le pliage.
On a déjà plus de 100 références, plus les bracelets, ce qui commence à faire une belle collection. Nous travaillons principalement avec une collection permanente à laquelle on rajoute trois nouveaux modèles par saison. On marche beaucoup à la demande du client. A un moment, on avait beaucoup de clientes de 40-50 ans qui nous demandaient de faire un chat en origami. On a trouvé plusieurs pliages de chats qu’on a mixés entre eux pour créer notre propre chat et on l’a lancé.
Quels sont les modèles que vous lancez cette saison ?
On lance l’éléphant, la chauve souris et la souris.
OĂą est ce que vous vous voyez dans 5 ans ?
Nos produits, partout dans le monde !
Nous, toujours au même endroit, près de Bastille ;-)
Merci Claire et Arnaud !
www.origamijewellery.com

ENTRETIEN : Entretien avec Marie Labarre et Marie Laetitia Garnier, cofondatrices de Shifumi
PostĂ© le jeudi 10 fĂ©vrier à 08h48
Shifumi est une jeune marque de vêtements bio qui dévoile sa première collection pour le Printemps Eté 2011. Qui dit bio, dit souvent classique ou ennuyeux... mais pas chez Shifumi où bio rime avec fun et coloré. J'ai tout de suite été séduit par la fraicheur du shooting, l'évidence des produits et la cohérence de la gamme. Immédiatement repérée, la marque a gagné le prix de l'Ethical Fashion Show. J'ai rencontré les cofondatrices Marie et Marie Laetitia pour qu'elles nous parlent un peu plus de ce beau projet.

Marie : on est 4 avec Antoinette chargée de production et d’achats, Etienne qui s’occupe de la gestion finance et du commercial bio, Marie-Laetitia du commercial international et tendance et moi je m’occupe du design (nb lsb: cf les photos à droite bien sûr !).
Comment est né Shifumi ?
Marie : Shifumi est né grâce aux culottes ! Je travaillais à l’époque chez Marion Mille et je dessinais un peu de lingerie. Etienne, notre associé, travaillait dans une boite de vêtements bios qui faisaient des basiques. L’idée de créer des sous-vêtements bios sympas a beaucoup parlé à Etienne. Peu de boutiques en proposent, c’est une toute petite niche. Il nous a convaincu de nous lancer. Au début, j’ai créé de la lingerie puis naturellement, j’ai voulu créer une collection complète.
Dès le départ, nous avions une grosse envie commune qui était de faire des vêtements en respectant l’environnement. Nous nous sommes fixés une charte à respecter et cette charte grandit avec nous.
Ce côté lingerie est vraiment resté, notamment dans les looks, il y a toujours ce petit côté cocooning…
Marie : Oui, Shifumi est une expression chinoise qui veut dire Pierre Papier Ciseau. On a créé trois gammes : Shi c’est la gamme casual prêt-à -porter de tous les jours, Fu c’est la gamme accessoires avec des pièces uniques créées à partir de cuirs recyclés, Mi c’est la gamme plus intérieur avec les culottes.
La marque s’est notamment fait remarquer à l’Ethical Fashion Show !
Marie-Laetitia : Oui, très rapidement, on a fait parler de nous. La première collection a été présentée au mois de septembre au Who’s Next, au PAP et à l’Ethical Fashion Show. On a eu beaucoup de passages, de compliments et on a gagné le prix de l’Ethical Fashion Show. Cela nous a donné une bonne visibilité.
Marie : On était le coup de cœur du jury. Ils ont trouvé cela cool d’avoir une marque bio un peu fraiche, un peu tendance et qui ne fait pas du mono produit.
Vous avez eu du coup beaucoup de parution ?
Marie : on en a eu beaucoup sur les blogs, et on aura des premières parutions papier avec la collection qui arrive maintenant en magasin. On aura un article notamment dans le ELLE ou le Madame Figaro Japon.

Quels sont les boutiques que vous visez ?
Marie-Laetitia : On vise aussi bien les boutiques bios que les boutiques de modes. On souhaite que les clientes achètent parce qu’elles vont craquer sur le look et pas parce que c’est bio.
Marie : Oui, on voit cela vraiment comme une valeur ajoutée. Mais c’est aussi toute une éthique. On travaille des pièces assez basiques pour éviter que les gens passent leur temps à acheter, jeter puis acheter à nouveau. On voudrait encourager les gens à garder leurs vêtements plus longtemps ou à les customiser.
Marie-Laetitia : D’où le Do you want to play Shifumi ? qui est notre slogan. On propose à nos clientes de participer à un engagement. Tu peux porter les vêtements de plein de manières différentes pour que tu ne te lasses pas d’un produit. Mais de façon ludique : Marie a travaillé sur des nœuds papillons, des cols de chemises d’hommes sur des shorts, ce sont des petits jeux qui font la différence. On veut des vêtements bio un peu plus funky…. On veut des poches dans nos robes, des poches dans nos pantalons, on sort beaucoup, on travaille pas mal, on est toujours en mouvement, on veut des vêtements mettables pour tous les jours dans lesquels on se sent bien.
Et pour cette première collection Printemps Eté, vous allez être vendues où ?
Marie-Laetitia : on a des commandes à Paris en cours confirmation, mais on sera à Monaco, Bruxelles et au Japon… Cela commence bien et doucement, beaucoup de clients restent un peu en attente pour voir comment nous allons nous débrouiller pour la seconde collection.
Vous parliez d’éthique, où fabriquez-vous les produits ?
Marie : les produits sont fabriqués en Europe et France, mais également au Pérou sur l’hiver où nous travaillons de manière équitable avec des mamitas tricoteuses.
A Paris, on travaille avec un atelier situé dans une cité de Seine Saint Denis. Il emploie des femmes en réinsertion ce qui leur permet d’obtenir un vrai savoir faire dans la couture pour trouver un emploi. C’est une femme Brigitte qui s’occupe de cet atelier en commun avec d’autres associations et on travaille main dans la main avec eux sur beaucoup de pièces.
Au-delà du lieu de fabrication, on cherche à acheter les matières aux plus proches des savoir faire locaux : on a des soies de la région lyonnaise, de la dentelle de Calais…

On entend beaucoup parler du bio ces temps-ci, c’est une tendance de fond ?
Marie : en tant que cliente finale de pas mal de marques, je trouve que notre comportement d’achat a beaucoup évolué. Maintenant si je vais chez H&M, je vais prendre du coton organique, plutôt qu’une autre matière. Mais surtout, j’achète beaucoup désormais dans les friperies, chez Emmaus, chez Guerrisol...
Marie-Laetitia : les secondes mains, les friperies et les brocantes, on a été élevées dedans depuis qu’on est toutes petites. Pour le bio, les grosses marques se lancent beaucoup là dedans et le crient très forts, mais cela ne représente qu’une toute petite partie de leur business. C’est plus une décision marketing qu’un véritable engagement.
A Paris, vous avez des adresses intéressantes à conseiller ?
Marie-Laetitia : il y a de jolies concepts stores qui ont émergé récemment : Dalia & Rose, Green in the City, le Centre Commercial de Veja, Mademoiselle Bambu… C’est souvent dans le Marais ou près du Canal St Martin.
Qu’est ce qui nous attend pour la prochaine collection ?
Marie : l’été était vraiment une collection capsule. Sur l’hiver, on a plus de grosses pièces avec des manteaux et mailles tel que gilet et pantalon. De façon générale, la collection est plus sophistiquée, avec des robes en soie, des bodys en dentelle, tout en gardant l'esprit ludique de Shifumi.
OĂą est ce que vous vous voyez dans 5 ans ?
Marie-Laetitia : on se voit déjà dans des grandes villes un peu partout dans le monde : New York, Hong Kong, Shanghai… on est déjà à Tokyo, c’est un bon début. On voudrait être une marque de référence sur le créneau du bio mais aussi avec cet état d’esprit jeune et original.
Marie : et puis aussi de s’investir plus socialement. Par exemple, dans notre atelier en Seine St Denis, ils ne peuvent pas faire nos petites culottes parce qu’ils n’ont pas les bonnes machines. On aimerait avoir les moyens pour pouvoir les aider à investir !
Et il n’y a pas que la mode aussi, il y a la musique, le graphisme, la cuisine, la peinture… On est entouré d’amis qui sont aussi dans cette mouvance. Pourquoi pas créer un label arty qui regrouperait toutes les disciplines dans 5 ans ?
Merci Marie et Marie-Laetitia !!!
www.shifumi-collections.com
Credit Photo: Paul Rousteau

ENTRETIEN : Entretien avec la créatrice Coralie de Seynes
PostĂ© le lundi 31 janvier à 08h48
Je ne parle pas souvent de bijoux sur ce blog, pour tout vous avouer, je suis au final un homme assez basique donc je n’y connais pas grand-chose… Pourtant, les bijoux de Coralie de Seynes ont réussi à capter toute mon attention : un article dans Grazia, un petit tour sur son site internet suivis d’un coup de foudre pour son style brut, simple et moderne. Des bijoux féminins faciles à porter sans rentrer dans les clichés du romantisme bohème. J’ai rencontré la jolie Coralie de Seynes pour qu’elle nous présente ses collections.
Est-ce que tu peux commencer par nous parler de ton parcours ?
J’ai fait une formation à l'ESMOD en stylisme modélisme pendant 3 ans où je me suis épanouie et découverte passionnée et super bosseuse… A la suite, je suis rentrée chez Hermès au studio prêt-à -porter femme avec Jean Paul Gaultier. J'étais styliste junior, je m’occupais des dessins techniques et en même temps j’aidais les stylistes pour un peu tout : trouver les bonnes colorations, accessoiriser… J’y ai passé en tout 2 ans.
Chez Hermès, j’ai commencé à faire des bijoux, au départ uniquement pour moi, je les portais, cela avait l'air de plaire aux stylistes, aux mannequins... Toutes les semaines, j’arrivais avec un modèle différent puis j’ai vite commencé à les vendre de bouche à oreilles. Après mes deux ans chez Hermès, je suis partie à Londres travailler à la boutique Hermès pour améliorer mon anglais, primordial pour bosser dans la mode… C’était une super expérience, je vendais les vêtements sur lesquels j’avais travaillé.
Je suis ensuite parti 3 mois faire un voyage en sac à dos en Australie et Indonésie… Un moment incroyable, je suis revenu forcément un peu déphasée.
Je me suis enfin posée et je me suis demandée ce que je voulais faire. J’avais envie de travailler pour des petits créateurs pour avoir plus de responsabilités. J’ai passé quelques entretiens, mais c’était long, donc j’ai recommencé à faire mes bijoux en créant ma marque. J’ai commencé à les vendre début 2009. J’ai gagné des premiers points de ventes. J’ai créé une collection de broches pour enfants pour Bonpoint. Cela a été mon premier gros contrat... et depuis, je ne me suis plus arrêtée…
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Tu as aussi remporté le concours de style 2011…
Oui, j’étais vraiment surprise. Je me suis inscrite un peu par hasard sans le dire à personne. Cette année, on était 300 créateurs. Le jury était constitué de la rédactrice en chef de Grazia, l’acheteuse de Franck & Fils, la directrice du salon PAP Paris et Pauline Fashion Blog et Jonathan d’Atelier de la Mode. Mi-novembre, les stylistes sélectionnés ont été dévoilés. Puis après, les internautes ont voté pendant 3 semaines. Je n’avais pas trop d’espoir parce que c’est vraiment très aléatoire… J’ai appris la nouvelle le jour de mon anniversaire. J’étais hyper heureuse !
Grâce à ça, j’ai eu un article dans Grazia pour Noël. C’est une belle mise en avant… Je serai aussi en vente sur l’Atelier de la Mode à partir du Printemps Eté et j’ai eu un stand au salon The Box fin janvier.
Comment définirais tu le style de tes bijoux ?
Ce sont des bijoux assez bruts. C’est branché dans un sens, même si je n’aime pas trop ce mot, car ce sont des bijoux accessibles à toutes. C’est vraiment le petit accessoire qui va bien, qui anime une tenue, facile à porter tous les jours…
Il y a un côté très masculin féminin, dans le sens où ce sont des bijoux que les hommes remarquent quand leur copine les portent et qui leur plaisent. Et par rapport à d’autres marques, c’est très qualitatif pour le prix.
Tu travailles quelles matières ?
Je travaille le laiton, l’étain, un peu d’email et de cuir. Il y a des pièces tressées, des chaines gourmettes, je prends beaucoup de temps à travailler des effets de finitions.
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Pour le moment tu travailles toujours toute seule ?
J’ai parfois une stagiaire qui vient m’aider notamment pour le montage, mais sinon je m’occupe de tout toute seule : assembler les bijoux, créer les collections, démarcher les boutiques, animer le site internet…
Tu assembles les bijoux toi-mĂŞme ?
Oui, je fais réaliser des parties de bijoux par des artisans, mais sinon, je finis toujours l’assemblage chez moi.
Où es tu distribuée aujourd’hui ?
A Paris, chez Matières à Réflexion, Franck et Fils et à l'étranger (Londres, Genève, Athènes, Shanghai, au Japon...)
Les Galeries Lafayette m’ont proposé un stand éphémère en septembre. Ils m’avaient donné un objectif que j’avais doublé. Pour le moment, ils ne prennent plus de nouveaux créateurs, mais peut être pour l’avenir.
Merci Coralie !!
www.coraliedeseynes.com
Credits photo: Laure McGalloway & Nicolas Willmann
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ENTRETIEN : Entretien avec le créateur Philippe Roucou
PostĂ© le samedi 15 janvier à 10h37
Presque 20 ans que Philippe Roucou commet de la maroquinerie, transcendant nombres de marques à l'histoire éphémère. Avec sa boutique de la rue de Charonne, il suscite l'envie des piétons qui lorgnent ses sacs en cuir délicats et ses peaux exotiques luxueuses. Plus récemment, il a beaucoup fait parler de lui pour sa collection Objets Trouvés de foulard réalisés en collaboration avec l'artiste M. Chérie... J'ai rencontré Philippe Roucou pour qu'il nous partage sa passion de la belle maroquinerie.
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Tu as 18 ans de métier dans la maroquinerie, est ce que tu peux nous parler de ton parcours ?
Je suis diplômé de stylisme et patronage pour homme. Dans les années 80, j’ai travaillé chez Etienne Brunnel où je réalisais des robes hallucinantes en bois, en miroir, en papier mâché, c’était complètement déjanté. On n’avait pas beaucoup de budget mais on faisait de vrais shows, ce qu’on ne trouve plus trop maintenant, des trucs grandioses. C’était vraiment les années 80 : on se donnait la folie de faire des trucs importables. En parallèle, je m’occupais d'accessoiriser leur boutique à Saint Germain. En 1992, mon amie Miki Mialy avait lancé sa ligne de prêt-à -porter. Elle m’a demandé de faire des premiers sacs pour elle. J’avais un peu appris à l’époque chez Gabrielle Cadet. Petit à petit, j’ai mis au point une technique de sacs et cela m’a vraiment plu, ce travail en volume a fait switcher mon goût pour la mode. Ce n’était plus des patronages à plat. J’ai commencé comme ça avec 2-3 sacs à partir des tissus de ses collections. Elle en a vendu 5 la première semaine puis 10… et c’est comme ça que cela a démarré.
C’était une époque où beaucoup de monde s’est lancé…
On était 4-5 sur Paris… Jamin Puech avait commencé quelques saisons avant mois. Il y avait les grandes marques qui avaient déjà leur it-bag, même si on n’utilisait pas ce mot à l’époque, mais en créateurs, il n’y avait presque rien.
Et début des années 90, c’était l’explosion totale du marché japonais pour l'accessoire, ce qui nous a beaucoup aidé.
On pouvait parler à posteriori d’âge d’or du marché japonais…
Oui, on en est loin maintenant. Au début de ces années 90, le marché japonais était à la recherche de tout ce qui était nouveau dans la mode. Ils se sont jetés sur nous : les Jamin Puech, Viviane Cazeneuve, moi… On était une dizaine à sortir du lot. On est arrivé au très bon moment. Les japonais voulaient quelque chose de bien fait, en cuir avec un côté original, un peu rétro, et par contre, une qualité et une livraison irréprochable. On leur a fourni cela. Cela a continué jusque dans les années 2000 où on a connu un fort ralentissement juste après le 11 septembre. Pour autant, les années 2000 ont été des années excellents pour la maroquinerie mais juste pour les grandes marques. Les grandes maisons ont vu ce marché pris par des petits jeunes comme nous et à grand renforts de pub ont sorti leurs it-bags. Comme le marché n’était plus en croissance, cela nous a fortement pénalisés.

Mais tu te développais aussi en France ?
On a tous fait que de l’international pendant des années. Mon chiffre était basé que sur le Japon, en France, c’était vraiment intime. Il faut comprendre que dans les années 90, toutes les marques étaient complètement dépendantes du marché japonais. Il n’y avait pas cet engouement pour la maroquinerie que tu trouves maintenant.
Et maintenant ?
Jamin Puech a encore quelques boutiques au Japon mais ce ne sont plus les mêmes volumes. Pour moi, c’est toujours le pays où je vends le plus, mais ce n’est pas là où j’ai mes plus gros clients. Actuellement, j’ai la boutique de la rue Charonne et je me développe au Moyen Orient, en Asie et en Europe de l’Est.
Et les Etats-Unis ?
Les Etats-Unis ont toujours été très durs pour les créateurs français, mais on sent un renouveau depuis quelques saisons. On a toujours été un peu présent à New York où je suis chez Opening Ceremony. Depuis 2 saisons, on les sent à nouveau sur le marché, la disparité EUR/USD a baissé donc on les revoit sur les salons.
Avec le recul, quel est le regard que tu portes sur l’évolution de la mode ?
C’est très difficile car on n’a jamais le temps de prendre du recul. Je fais parti en quelque sorte de ce bouillonnement perpétuel. Mais c’est sûr que cela a changé, il y a plus d’argent, plus de médias, tout va plus vite. Mais il y a pas mal de créateurs qui continuent à travailler comme moi, Miki Mialy par exemple qui a son atelier à côté du mien.
Tu t’es installé rue de Charonne, c’est un quartier que tu aimes bien ?
Oui, cela fait 8 ans que j’ai la boutique rue de Charonne. Isabel Marant a été la première à s’installer ici. A l’époque, c’était une des premières rues shopping pour les créateurs. Il y avait aussi Shine, qui depuis est parti dans le haut Marais.
Pendant longtemps un de mes meilleurs amis me disaient que la boutique, c’était ma danseuse. Je vends beaucoup plus en multimarques qu’avec ma propre boutique, mais cela reste important pour moi de la garder. Cela influence ma façon de travailler. Par exemple, quand je fais mes collections, je pense toujours au display que je vais pouvoir faire dans la boutique.

Est-ce qu’il n’y a pas justement un déplacement de la clientèle de la rue de Charonne qui devient plus street au haut Marais plus créateur ?
Historiquement oui, mais je pense que le haut du Marais commence à peu à baisser. Pour aller rue Vieille du Temple, les prix sont hallucinants… donc tu ne trouves plus de créateurs mais des marques comme Les Petites, Bill Tornade ou The Kooples.
Ta collection 2010 a été l’occasion d’un renouvellement complet…
Oui, j’avais vraiment envie de tout recommencer à zéro. C’est la première fois que je fais ça depuis 15 ans. Au fur et à mesure, tu gardes de plus en plus de formes ou de modèles qui marchent sous la pression des agents, cela fait un bien fou de pouvoir faire table rase…
C’est la contradiction de l’acheteur, il veut toujours voir des nouveautés pour finalement acheter la même chose…
Oui, on a des produits dont on a envie de se débarrasser, mais qu’on garde depuis des années et des années parce que les acheteurs le veulent. En 2010, j’ai fait 100% de nouveautés… J’avais des sacs très grands, très plats… ils ont vraiment rétrécis. L’été prochain a extrêmement bien marché. Je retombe sur des chiffres d’il y a un peu plus de 10 ans.
Qu’est ce qui t’a inspiré cette saison ?
Quand j’ai commencé à réfléchir à cette saison, c’était le début de la crise, cela m’a rappelé les années 90, on parlait aussi de crise à l’époque. Je suis parti vers le noir, c’était Helmut Lang, Ann Demeulemeester. Au lieu de faire des recherches sur ces créateurs, j’ai essayé de me rappeler ce que je savais d’eux. Je suis parti des images qui revenaient à moi 20 ans après. Ce sont des choses que j’ai totalement déformé avec le temps… Je travaille souvent comme ça. Je préfère me baser sur mes souvenirs que sur des recherches iconographiques.

Quelles sont tes clientes?
Les clientes showroom ont sans doute tout à fait une autre clientèle que celle que j’ai rue de Charonne. Dans ma boutique, elles viennent chercher des sacs du jour qu’elles utilisent pour travailler, alors que ce que je vends à l’international, ce sont des sacs ultra luxes, des sacs du soir, du python… Mes clients multimarques me disent vos sacs du jour ne m’intéressent pas, on veut un sac exceptionnel, brodé à la main, des sacs que je ne vends pas du tout ici. Mes collections petit à petit tendent vers ce marché là , des pièces plus petites plus soir.
OĂą est ce que tu produis tes sacs ?
J’ai mon propre atelier rue Oberkampf où je produis plus de la moitié de la collection. Pour les sacs les plus faciles en piqué retourné, je les fais faire chez un sous traitant à Paris. Pour les pièces les plus compliquées, je préfère les faire dans mon atelier.
Quel est le prix moyen de tes produits ?
Le prix boutique est entre 400€ et 1000€ pour les pièces les plus exceptionnelles.
Tu as aussi lancé une gamme de foulards qui a beaucoup fait parler…
Je fais cela avec une artiste française qui collectionne des photos trouvées d’anonymes. J’en achète aussi beaucoup aux puces, il y a une vie, cela me parle. Lorsqu’elle m’a parlé de son travail, j’ai eu l’idée d’en faire des foulards imprimés. Quand on parle de foulards, on pense à des choses assez classiques comme Hermes. Lorsque je suis arrivé avec des photos un peu sales imprimées sur de la soie, j’ai été un peu un ovni. Je switchais complètement l’histoire d’un beau foulard en soie. C’est Bucol qui fait parti de la Holding Textile Hermes qui les façonnne : une qualité irréprochable sur une image pas du tout classique. Cela a plutôt bien marché. Cela fait un an et cela va perdurer.
Merci Philippe !!!
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Boutique Philippe Roucou
30 Rue de Charonne, Paris 11e
Plus d'infos: www.philipperoucou.com
ENTRETIEN : Entretien avec Clarisse Robinet-Dusser, créatrice de Pauline Pin
PostĂ© le dimanche 09 janvier à 10h12
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Difficile de rater la boutique Pauline Pin de la rue Charlot, sa vitrine rose acidulée est une invitation à franchir la porte. Une fois à l'intérieur, on découvre une collection de sacs féminins, pratiques, au toucher ultra doux. Mais l'étonnement vient surtout en découvrant les prix. Bien que fabriqués en France, les sacs Pauline Pin sont abordables pour tous avec de premiers modèles à moins de 200€. J'ai voulu rencontrer Clarisse, la créatrice de Pauline Pin pour qu'elle nous explique son secret...
Peux tu nous parler de la création de la marque ?
Pauline Pin existe depuis 2006. Au début, c’était juste un nom d’enseigne pour une boutique multimarque. J’ai commencé à faire des sacs en toile, et au fur et à mesure, les collections se sont enrichies. J’ai continué par les toiles cirées puis le cuir. Maintenant, c’est l’essentiel de la collection.
Tu avais une formation en maroquinerie ?
En quelque sorte… mes parents avaient une usine de maroquinerie. Adolescente, je baignais dans le milieu, je savais comment on faisait un sac. Cela a donc été assez naturel.
En réalité, tu t’appelles Clarisse, d’où vient le nom Pauline Pin ?
Je voulais un nom qui sonne bien et qui soit prononçable facilement dans tout plein de langues. J’aimais beaucoup le prénom Pauline et j’avais en tête d’avoir un logo où certaines lettres descendraient et formeraient le nom de famille en dessous. C’est pour cela que c’est devenu Pin.
Avec un prix très accessible, tu arrives à faire des produits Made in France ?
Je travaille avec plusieurs ateliers: de Paris et la région parisienne jusqu’au Maine et Loire. Avec un prix moyen autour de 200€, c’est très rare de trouver des produits fabriqués en France. Par rapport à la maroquinerie traditionnelle française, j’ai beaucoup simplifié le montage parce que ce qui coûte cher en France, c’est la main d’œuvre. Mais aussi, j’ai moins de frais fixes, contrairement aux grandes marques, je n’ai pas tellement de frais de communication… Cela marche beaucoup avec le bouche à oreille.
Pour autant, tu fais attention à la qualité…
Oui, c’est un souci permanent. Si tu regardes les peaux, je les achète toutes en Italie. Avant chaque production, je vais dans les tanneries pour les vérifier unes à unes et je ne sélectionne que les meilleures.
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Où es tu distribuée ?
J’ai 2 points de ventes en propre en France et je travaille avec des multimarques en France, en Europe et au Japon. Le Japon représente encore le gros de notre clientèle, même si c’est moins bien que cela ne l’a été auparavant.
Tu as aussi gardé un espace multimarques ?
Dans la boutique, il y a également des petits accessoires et je travaille surtout avec différentes créatrices de bijoux en or et en argent. Il y a différentes gammes de prix.
Qu’est ce qui est spécifique des produits Pauline Pin ?
Je privilégie toujours le côté pratique des sacs. Il n’y a pas un sac que je fais que je ne porte pas à un moment donné. Si tu regardes, ils sont tous porté épaule ou si la poignée est courte, je rajoute une bandoulière. Je joue aussi énormément sur les couleurs : je n’hésite pas à mettre des roses fuchsia, du doré, du rouge métallisé, même si je garde toujours quelques couleurs plus traditionnelles. Mais au final, les clientes chez moi viennent vraiment chercher de l’orange, du vert… tout ce qui sort de l’ordinaire.
Quelle est la cliente Pauline Pin ?
C’est une clientèle super variée, tu trouveras plein de femmes différentes, aussi bien des femmes très modes que des filles plus classiques. Elles ne vont pas forcément choisir les mêmes formes, les mêmes couleurs. Chacune porte son sac à sa manière.
Peux-tu nous présenter quelques sacs de la collection ?
Si tu regardes le premier sélectionné, c’est de la vachette lavée, elle est très douce et la main reste souple. Le marron est un peu mordoré. A l’intérieur, je travaille avec des doublures différentes à chaque fois. Il y a toujours différentes poches. Il marche très fort. Il est vendu 165€ en boutique. Il existe en 4 tailles : le petit se vend super bien, d’ailleurs on en a plus et on a aussi deux tailles de pochette.
Tu sélectionnes les doublures en fonction du modèle ?
C’est un peu au feeling. J’en achète des différentes que je matche en fonction du sac et de la couleur du cuir. J’ai un client japonais pour qui je sélectionne à chaque fois une doublure spéciale.
Et les 2 autres modèles ?
J'aime beaucoup le premier, c'est un très beau khaki, la doublure est un liberty. Je fais vraiment attention à ça : chaque cliente qui rentre a l’impression que chaque sac est unique en fonction des couleurs et de la doublure.
Le dernier modèle marche aussi bien avec la clientèle française que japonaise. Il est très pratique, je fais rentrer mon Macbook dedans. Il y a même des hommes qui l’achètent sur les couleurs plus traditionnelles. Sur la plupart des couleurs, j’essaye de mettre en contraste les sangles, le zip, toutes les garnitures.
Merci Clarisse !!!
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Pauline Pin
2 boutiques en Ile de France: 51 rue Charlot, Paris 3e (du mardi au samedi de 11h Ă 19h30) et La Cour, 7-9 rue des 2 Portes Ă Versailles (du mardi au samedi de 10h30 Ă 19h)
Plus d'infos: paulinepin.com
ENTRETIEN : Entretien avec Flore Mouren, créatrice de Eple & Melk
PostĂ© le mardi 21 dĂ©cembre à 08h43
Vous n'avez pas encore fini vos cadeaux ? Pas de panique... Je vous invite à la découverte de la jolie marque Eple & Melk. Dans sa boutique de la rue Charlot, Flore Mouren vous invite à découvrir ses collections de prêt à porter créateur, mais aussi une sélection de chaussures, de bijoux et de petits accessoires, le tout Made in France et à des prix très raisonnables. Vous n'êtes pas sur Paris, vous pouvez toujours acheter sur son eshop. Merci qui ?

J’ai créé la marque en juin 2006, cela fait bientôt 5 ans. La boutique existe depuis un peu plus d’un an. Je pensais un jour avoir peut être la chance d’avoir une boutique sur Paris, mais je ne pensais pas que ce serait aussi tôt. J’ai eu un énorme coup de bol. A l’époque je travaillais chez moi et je cherchais un showroom. Je suis tombé sur une annonce rue Charlot et j’ai eu un coup de coeur.
D’où vient le nom Eple&Melk ?
Je voulais créer un univers autour de la marque. Je cherchais un fil conducteur. En réfléchissant à tout ce que je créais, je me suis rendu compte que je travaillais dans un style très scandinave, toujours avec des coupes très structurées, des blocs de couleur… Je me suis dit finalement à long terme que c’était ce vers quoi je voulais inscrire la marque. Je ne suis pas girly, froufrou… J’écoutais beaucoup à l’époque Royksopp et un de leurs titres était Eple. J’ai rajouté le Melk qui veut dire lait. Je trouvais que cela sonne bien.
Pourtant avec ta blonditude, on pourrait te prendre pour une fille du Nord ?
Et non, je suis de Marseille… mais j’ai des ancêtres qui viennent du Nord de l’Europe, ça fait illusion.
Qu’est ce que la boutique change pour toi ?
Avant, je ne faisais que du wholesale, c’est une façon intéressante de se développer mais quand on a la boutique, c’est une toute autre façon de penser. Je prends de plus en plus de plaisir à développer ce côté. Maintenant quand je développe une collection, j’imagine comment cela va être dans la boutique. Aussi, tu es en contact direct avec la cliente. Je vois ce que les clientes aiment, ce qu’elles aiment moins. C’est très intéressant.
Est-ce que cela surprend les clientes d’avoir la créatrice en face d’elles ?
Les clientes aiment beaucoup. Au départ, elles ne s’en doutent pas forcément, puis quand elles voient que je leur parle très concrètement des pièces, elles le devinent et on en vient à beaucoup parler. Beaucoup de clientes sont très curieuses… Il n’y a pas énormément de boutiques atelier dans Paris. Elles voient qu’on reçoit du tissu, elles veulent toucher, elles demandant à quoi ça va servir.
Tu fais tout dans la boutique ?
C’est mon outil principal de travail. On a une machine à coudre ici et cela peut arriver qu’on monte une pièce sur place. J’ai une formation de stylisme modélisme couture, mais j’ai trop de travail pour faire le modélisme moi-même.
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Tu continues Ă faire les salons ?
J’ai fait les salons pendant 3 saisons, on est un peu perdu à côté grands créateurs. Maintenant, je reçois les clients à la boutique directement. Aujourd’hui, les acheteurs sont très frileux, c’est plus facile de vendre les produits lorsqu’ils sont mis en situation. Et ça les rassure lorsqu’ils voient ma boutique.
Est-ce que c’est facile de se développer en tant que petit créateur ?
Venant de Marseille, je trouve qu’à Paris, on s’intéresse facilement à nous, les gens sont assez ouverts. Lorsqu’on dit qu’on est jeune créateur, on a tout de suite des regards positifs, ce qui n’est pas du tout le cas à Marseille. Je ne crois pas que j’y serai allé aussi vite.
De quoi es tu la plus fière ?
La fierté c’est d’avoir monté ma boutique toute seule, sans aide extérieure. Cela apporte tellement à la marque !
Si tu avais su, qu’est ce que tu aurais fait différemment ?
Plein de choses… J’ai tout appris sur le tas, c’est l’apprentissage par l’erreur. Par exemple, quand on commence, on a envie de produire tout ce qu’on a fait. Du coup, lorsqu’on n’a pas assez de commandes, on a tendance à augmenter les quantités, alors que le plus sage serait peut être d’évaluer la perte potentielle et parfois d’annuler. Des fois, ce sont de simples bêtises de trésorerie. On peut se retrouver dans des situations très compliquées pour pas grand-chose.
C’est un peu comme si tu essayais de faire un créneau sur un espace trop petit. On se dit que cela va passer et on finit par arracher le rétroviseur….
Tant que c’est le rétroviseur ça va…
Une fois que tu t’es bien pris les coups, tu te dis qu’effectivement cela ne passe pas et tu continues autrement.
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Est-ce qu’il y a des créateurs dont tu t’inspires ?
Je ne m’inspire pas vraiment de créateurs, je fais ce que j’ai envie de faire. Je regarde ce qui passe, ce que j’aime bien... A force d’être dans les vêtements, il y a des moments où j’ai même plus le courage de regarder ce que font les autres.
Je suis plus inspiré par des univers, des personnages, des héroïnes. Cette saison, il y a un thème autour de Jeanne d’Arc, de Robin des Bois, Louise Brooks. Après je me réfère plus à l’histoire de la mode, j’ai une licence d’Arts Plastiques, je vais plus piocher la dedans pour m’inspirer. En même temps, je suis aussi influencée sans que je le veuille. Des fois je fais un modèle et puis je vois qu’il y a des trucs qui ressemblent chez les autres… tu peux chopper des trucs comme ça sans vouloir.
Tu parlais de Royksopp, qu’est ce que tu as sur ta playlist ?
J’écoute beaucoup le dernier de Royksopp, Lilly Wood and the Pricks, le dernier de The Ting Tings ou Goldfrapp. Ma toute première collection était justement autour du personnage d’Alison Goldfrapp. Cela peut être aussi de l’électro comme Cassius ou Trentemøller. Typiquement, c’est le genre de choses que j’aime bien.
Tes adresses sur Paris ?
Pour manger, j’aime beaucoup chez Prune (36 rue Beaurepaire, Paris 10e) ou dans le quartier le Café Rouge (32 rue de Picardie, Paris 3e). Par contre, je n’ai pas beaucoup le temps d’aller en boutique. Je m’habille beaucoup avec les vêtements de ma marque. Si j’ai besoin de faire du shopping online, je vais chez Modetrotters qui a une chouette sélection.
Merci Flore !!!
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Boutique Eple & Melk
45 rue Charlot, Paris 3e
Plus d'info: www.epleandmelk.com
Eshop: eplemelk.bigcartel.com
ENTRETIEN : Entretien avec Alix Thomsen
PostĂ© le mardi 14 dĂ©cembre à 08h46
Alix Thomsen a eu une idée de génie, créer la chemise parfaite pour la femme et pour l'homme. Que l'on soit uni, carreau ou fleur, on trouvera dans sa boutique de la rue de Turenne la chemise au bon fitting, à porter au boulot, en week-end ou en soirée. Les people, Lea Seydoux, Melvil Poupaud, Caroline de Maigret l'ont adopté. Quelle a été la recette de ce succès fulgurant ?
J'ai rencontré la belle Alix Thomsen dans l'intimité de son appartement pour un entretien entrecoupé des balbutiements de sa petite Blanche.
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Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?
J’ai fait une école de stylisme où j’étais assistante d’Yvan Mispelaer, qui avait sa propre marque à l’époque. Il a été pendant 2 ans directeur artistique de chez Chloé où il a fait la transition après le départ de Phoebe Philo. Je l’ai suivi, ensuite je suis passé chez Lacoste où j’ai assisté Christophe Lemaire. Entre temps, je me suis trouvé directrice artistique d’une jeune marque Yesterday Never Dies. J’étais très jeune pour me retrouver à cette place. Je suis parti en Inde, en Chine, j’ai bougé partout. Cela m’a donné envie de continuer dans cette voie et j’ai lancé ma marque. Je continue à travailler en freelance pour la licence japonaise de Lacoste.
Est-ce que tu as toujours voulu créer ta marque ?
Oui, c’était vraiment une évidence. J’avais essayé de lancer une marque de tshirt encore plus jeune. J’ai besoin d’avoir une vision de ce que je fait. Je ne veux pas simplement être styliste. Pour moi la mode c’est une pensée, quasiment de la sociologie, ce n’est pas simplement dessiner un tshirt.
Est-ce que c’est plus intéressant d’être directrice artistique d’une petite maison ou styliste dans une grande ?
Quand tu es styliste dans une maison, tu peux travailler très longtemps sur des choses très précises. Chez Chloé j’ai pu passer un mois entier à m’occuper des broderies d’une robe. Mais tu peux moins donner ta vision, tu fais ce qu’on te dit. Chez Thomsen, au final je fais moins de créations mais j’ai en charge beaucoup de problèmes…. Le pur travail créatif est plus faible en pourcentage de ton temps. Mais au moins, tu fais ce que tu veux.
Quel est le style Thomsen ?
Au départ, c’était un peu l’idée de la fille qui dort chez son mec et qui le lendemain matin pique sa chemise. J’avais l’habitude de faire cela et je me trouvais sexy, très féminine. C’était aussi la mode de la chemise à carreau, mais en 2008, on ne trouvait que des chemises de fripes. C’était un peu difforme, usé… J’ai été la première marque qui a créé des chemises de ce type avec de la qualité, un bon fit…
Qu’est ce qui t’inspire pour tes collections ?
Je ne sais pas trop quoi te répondre, car je travaille de manière tellement naturelle. Evidemment, tout m’inspire mais c’est de manière beaucoup plus insidieuse. Dans les grandes marques, c’est toujours hyper référencé. Aujourd’hui, on ne sait plus créer comme ça. On se base toujours sur le passé avec des photos, des mood boards. Forcément, tu vas toujours aller vers le passé, c’est pour ça que ressurgissent en permanence les 60’s, les 70’s, les 80’s… Aujourd’hui, être styliste, c’est surtout un instinct de l’air du temps, de sentir ce que les gens ont envie d’être à un moment donné. On va vers quelque chose de plus simple, de plus confortable. La mode suit la crise économique, l’air du temps, l’écologie…
On parle beaucoup de la chemise Thomsen, mais est ce qu’il n’y a que ça ?
Pour moi, cela reste important, une majeure partie de la collection reste la chemise car c’est mon créneau, mais évidemment je ne veux pas faire que cela. Tu trouveras maintenant aussi des vestes ou des robes. Mais c’est important pour moi d’introduire peu de modèles par saison. Je voulais comme les chemises que cela soit assez intemporel.
Je ne veux pas rentrer dans ce temps de la mode où tous les 6 mois, tout est à jeter et à recommencer. Je trouve cela hystérique et insupportable. Pour moi, un vêtement doit pouvoir durer dans le temps.
Tu as tout de suite été adopté par les people…
Les people, c’était un peu mes amis. Je les connaissais naturellement, ils ont fait ça pour me soutenir. Léa Seydoux est ma meilleure amie, c’est sûr que cela aide si elle porte mes chemises. C’était pas mal de donner ce côté branché à un produit hyper classique à la base. Ce que je voulais, c’était réinterpréter un classique, mais plus par la manière dont on va le porter que par lui-même.
Il ne faut pas appartenir à un style de gens hyper précis pour apprécier Thomsen. C’est à la fois assez raffiné, mais très populaire. Dans ma logique de ventes, je ne veux pas être dans une logique hyper branchée.
OĂą peut-on trouver tes produits ?
Je suis vendu dans ma boutique Thomsen rue de Turenne, chez Colette, au Printemps, aux Galeries Lafayette, au Bon Marché. On a commencé avec Colette et quand tu commences là , ça ouvre pas mal de portes. J’ai plein de belles boutiques au Japon Tomorrow Land, United Arrows mais aussi Opening Ceremony à New York.
Où vois tu Thomsen dans l’avenir ?
Pour moi, Thomsen représente plus un style de vie qu’une marque de mode. Je voudrais explorer d’autres environs. L’objet et la décoration m’intéressent beaucoup.
Quels sont les créateurs que tu regardes ?
J’admire beaucoup Phoebe Philo pour Celine.
Maintenant que tu as un bébé, est ce que tu vas réussir à gérer ton emploi du temps ?
J’essaye justement que mon travail ne prenne pas le dessus sur ma vie privée. Auparavant, j’étais très carriériste, je pouvais passer ma vie au bureau. Mais finalement je me rends compte que le travail n’est pas un but, l’essentiel est ce que tu vis au quotidien. Maintenant j’ai Blanche et je n’ai pas envie de me stresser. J’y vais doucement mais sûrement.
Merci Alix !!!
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Boutique Thomsen
98 rue de Turenne, Paris 3e
Tél : 01 42 71 54 15
Plus d'infos: www.thomsen-paris.com




























































